Edition 2021

« Laissez-vos lumières allumées »...

C’est ce que nous vous avons proposé de faire il y a un an déjà ! Imaginant naïvement que nos chemins pourraient à nouveau prendre des formes, des couleurs, des voies, des contours différents au grè de nos singularités ; que forts de nos expériences personnelles nous enrichirions nos rencontres cette année encore.

Telles étaient nos convictions pour la vingtième édition.
Comme l’an passé toutes nos certitudes ont été balayées... Par contre, cette fois-ci ce sont les bases de notre construction qui sont mises à mal.
Nous croyons en la nécessité d’une vie culturelle riche et inclusive essentielle au savoir vivre ensemble. Nous pensons ce festival comme un objet social d’appartenance collective aux couleurs variées, aux matières artistiques cosmopolites qui aiguisent notre envie de l’autre, nos curiosités où chacun peut écouter ET faire entendre la singularité de la Voix qu’il porte.
Alors, comment faire lorsque le collectif « exclut » de fait car sa construction a été « légalement » bouleversée ? Lorsque le collectif exclut, que devient-il ?
Tristes, effrayés et peinés par cette situation et les effets engendrés, nous avons cherché des solutions, nous avons même pensé « annulation », mais c’était rompre des engagements avec 80 artistes, techniciens et prestataires techniques engagés sur la semaine du festival. Ceux sans qui la culture ne peut exister et qui viennent de voir leurs rémunérations diminuées d’environ un tiers l’an passé et qui comptent sur « des heures » nécessaires à l’obtention d’un statut fort difficile à renouveler. Nous continuons à réfléchir à la manière de vous accueillir tous en veillant au confort de chacun. Nous appliquerons le pass sanitaire qui est obligatoire dans tous les espaces accueillant du public, mais cherchons encore comment proposer des tests antigéniques à l’entrée des spectacles par exemple. Malgré tout, nous avons décidé de maintenir le programme tel que vous pourrez le découvrir au fil de ces pages et surtout tel que nous l’avions imaginé au départ.

En fin d’année dernière, avec les « comédiens du festival », nous avons débuté nos questionnements de travail sur la réponse de nos sociétés (en particulier les jeunes) face aux privations de libertés, aux oppressions, sur le rôle des pertes de liens sociaux dans la formulation de ces réponses et sur des propositions autour du rêve, de monde meilleur, de constructions utopiques... Ainsi nous avons abordé différentes « matières » de ces constructions (cerfs volants, feux d’artifice, dessin, danse, chant, littérature, céramique... ) et leurs alchimies. Comment des constructions culturelles, patrimoniales, sociétales... s’interconnectent et à quel moment la matière artistique devient spectacle ?

Plusieurs mois plus tard, nous rencontrons Cindy-Lo, qui, sans connaître notre réflexion à ce sujet nous propose d’effectuer des ateliers « autour du vent » avec des matériaux recyclés, dans le cadre d’une sortie de résidence la semaine du festival.
C’est ensuite la chorale du collège de Dieulefit à qui nous proposons d’intervenir avec son répertoire « Brassens », en première partie d’une soirée Jazz nouvelle Orléans dont le contrebassiste (Patrice Caratini) a travaillé avec Brassens. Le quartet propose de travailler une version Swing du répertoire des choristes pour les accompagner.

Il y a les institutionnels et les partenaires qui renouvellent leurs aides et nous accordent leur confiance.

Et puis, il y a tous les artistes qui répondent présents et entendent à nouveau les difficultés économiques de notre structure, qui soutiennent et participent à une programmation volontairement plurielle et ouverte au sein d’un festival où la solidarité commence déjà lors de l’achat des places.

Il y a cette billetterie Merci ! qui ne peut exister que parce que le public présent depuis de nombreuses années est bienveillant à l’égard de propositions où l’humain et les rencontres sont au cœur des spectacles proposés.
Alors, quand on fait la somme de toutes ces lumières qui sont restées allumées et quandonvoittousces«ilya», onfinitparsedirequenousnesommespasseulsà croire, à oser, à rêver... et que malgré des temps troubles et divisés nous espérons être très nombreux à suivre « le chant des partisans de ceux qui ont de l’amour pour la vie, de ceux qui ont compris la force d’être unis ».

« Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. »
Dom Helder Camara.