CHAMPS DU SIGNE

« Trio pour voix d'acteurs, piano à écrire et regard extérieur »

RÉSIDENCE DE CRÉATION OUVERTE AU PUBLIC

DIEULEFIT › VERRERIE MORIN

  • MARDI ET MERCREDI I 11 H - 12 H 30

  • JEUDI ET VENDREDI I 15 H - 16 H 30

  • SAMEDI RESTITUTION I 11 H après le petit déjeunerPrésentation travail et échange

Et si les moulins étaient plantés là comme des majuscules ?
Don Quichotte, l’être minuscule coiffé d’un accent circonflexe mais néanmoins noble chevalier des arts et des lettres, se jetterait à corps perdu dans la bataille. En pourfendeur des conventions, il pointerait sa langue contre l’injustice et l’arbitraire pour délivrer le sens. Engagé à ses côtés dans l’aventure, au pied de la lettre, Sancho l’accompagnerait musicalement au piano à écrire.

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Le festival invite l’équipe du « Champs du signe » à poursuivre son travail de recherche et de création tout au long de la semaine. Ils seront en résidence à la Verrerie Morin.

Questionner sur scène ce qui se joue dans nos rapports à la langue. Que se passe-t-il lorsque nous tentons de nommer ? Quels mécanismes sont à l’oeuvre dans ce jeu d’abstraction qui engage notre corps par l’oeil et l’oreille, la bouche ou les doigts ? C’est quoi, cette combinatoire de règles et de conventions qui nous permet de partager une expérience, produit en nous des images, stimule l’imaginaire, provoque des sensations ? Que dit-elle de nous et de la manière que nous avons de nous représenter ? Ici, la scène est envisagée comme un espace d’exploration. Elle est le théâtre du jeu verbal. Chaque séquence est pensée comme un protocole qui met en jeu un rapport à la langue, dans sa matérialité sonore et visuelle. C’est une écriture de plateau où les interprètes (un pianiste, un acteur et une metteuse-en-scène) questionnent leur rapport aux mots, depuis leurs disciplines respectives et à travers quatre actions : lire, dire, jouer et écrire. A l’aide d’un dispositif scénique, constitué principalement d’un piano à écrire et de textes matériaux, ils traduisent, déchiffrent, expérimentent des jeux de synesthésie, hybrident grammaire et solfège. A travers ces différentes actions, les notions et les classifications se brouillent. Les interprètes ne sont plus tout à fait auteur, compositeur, acteur ou musicien. Leurs gestes devenus polysémiques, ils sont acteur- compositeur, auteur-musicien, et deviennent eux-mêmes signes de la grammaire scénique. A l’image d’un Don Quichotte se battant contre les moulins à vent, ils sont tout entier engagés dans une quête qui nous entraîne dans une épopée à travers le signe.

ÉCRIRE AU SENS DÉFIGURÉ

« De ma dyslexie, je garde la peur d’être trahi par la monstruosité que je donne aux mots. Maladie des mots invisible à mes yeux mais que je perçois dans le regard de l’autre. L’autre qui dévisage cet être défiguré ou mal formé de naissance, parfois inadapté au territoire grammatical dans lequel il s’inscrit, aux lois qui le régissent. Dans la pratique de l’écriture, il m’est régulièrement arrivé de me sentir désorienté au contact des mots. Lors de ces désorientations, la plupart du temps provoquées par un conflit entre le son et l’image, j’ai souvent eu la sensation que les signes se tordaient sous mes yeux. Dans ces torsions m’apparaissaient des agencements d’images inédites. En se tordant, les règles graphiques et grammaticales produisaient du sens. Dès lors, j’ai envisagé l’écriture comme l’empreinte physique de mes perceptions. La torsion des mots est devenue un jeu, un mode d’expression. »

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